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Affaire Cahuzac : "Allons vers une république exemplaire !"


Politique
Samedi 6 Avril 2013

Le déchainement médiatique sur l’ex-ministre Jérôme Cahuzac, je le trouve nauséabond et quelque peu suspect. En tant que citoyen je reconnais que la faute avouée de Jérôme Cahuzac est de nature à se révolter, et incite à tomber dans la facilité de tirer sur l’ambulance. C’est ce que nous voyons à longueur de temps par les anciens amis et les opposants de l’ex-ministre qui, la main sur le cœur viennent nous dire, à nous français, combien ils se sentent trahis, salis par leur ami.


Je ne sais pas si je vais aller à contre-courant, mais je n’ai pas envie de "m’acharner  comme un chien" sur cet homme qui a commis des fautes, les a niées puis, finalement les a avouées. Jérôme Cahusac est sans doute la victime d’un système pernicieux, fou et dangereux de notre société « capitaliste » avec ici une représentation la plus exécrable. Son destin est scellé et la justice fera son travail en toute « impartialité », qu’elle le fasse là et partout ailleurs. Nous, citoyens sommes en droit de penser que justice sera faite.

N’avez-vous pas remarqué depuis l’affaire Cahuzac comme les vrais problèmes passent au second plan ? Le chômage massif et impitoyable continue, la fin de l’hiver annonce le début des expulsions et le mal-logement est toujours aussi préoccupant, la misère ne s’est nullement estompée, les petites entreprises continuent leurs descentes aux enfers et les dettes sociales et fiscales s’accumulent, la jeunesse est toujours désœuvrés, sans espoir et sans avenir, les séniors continuent de souffrir en silence, comme les femmes battues, comme les personnes qui font des tentatives de suicide, dont beaucoup  meurent chaque jour, etc.

Cette réalité est effacée devant "l’affaire Cahuzac", cette vérité qui concerne une grande majorité des Français ne compte plus. Les médias, les responsables politiques, les spécialistes en tout genre n’ont plus que ça en tête. Le buzz comme on dit, est là, mieux que Nabila et koh Lanta réunis !

La vraie question que devraient se poser nos gouvernants : comment M. Cahuzac a-t-il pu devenir ministre ? Il a la réputation d’un homme de savoir, d’être un expert. Mais alors, le président de la République a bâti sa république irréprochable sans se soucier du profil psychologique, sans vérifier et revérifier que chaque membre de son équipe ne trainait aucune casserole (étrange expression d’ailleurs, on aime bien nos casseroles et même nos bonnes vielles marmites !). Le président doit assumer en tant que chef suprême le casting que ses équipes et lui-même ont dû bâtir pendant des mois !

Notre pays va très mal et ce n’est pas l’affaire Cahuzac qui lui permettra de se redresser demain. Les chômeurs d’aujourd’hui et de demain ne vont pas s’effacer comme par magie, alors mesdames et messieurs les élus, au boulot ! La France n’attend pas. Évidemment, on pourra me dire que nous touchons à des valeurs de la république, l’honneur des hommes politiques et nia nia nia. Non vraiment, j’estime que collectivement chacun devrait assumer un tout petit bout de l’affaire Cahuzac qui nous ronge tous depuis la maternelle ou le mot d’ordre est : sois juste meilleur que ton voisin et surtout ne cesse jamais d’être en compétition avec tes semblables. Toute ta vie tu chercheras à devenir plus riche que ton voisin et comme ça, ta réussite sera totale !
Monsieur le Président, en simple citoyen, j’ose vous suggérer quelques éléments pour apaiser, relancer et travailler :

Premier signe fort
Il est possible à partir de cette affaire, M. le président, de donner ce signe fort aux Français. Demandez la démission de votre gouvernement et proposez-nous un gouvernement dont vous pourrez dire « je prends la garantie d’un gouvernement exemplaire ». Il vous appartient de renommer les mêmes ministres aux mêmes postes, ou d’en changer. (Ce qui ne signifiera nullement que ceux qui partent ne sont pas clairs, mais que vous avez aussi pris la mesure de l’urgence et la détresse du pays et que vous mettez toujours les meilleurs pour chaque  poste).

Second signe fort
Nous savons désormais que la loi tant attendue sur le non-cumul des mandats devra attendre 2017, non par votre volonté, mais essentiellement pour des raisons d’anti constitutionnalité. Soit, mais rien n’empêche l’ensemble des députés et sénateurs de la majorité au moins, de prendre un « engagement moral devant les Français» de ne pas briguer un poste de premier plan (maire ou président d’EPCI, président de conseil général ou régional) lors des prochaines élections en commençant dès 2014 ! Ce signe-là, c’est la MORALE qui devrait la dicter à chaque élu(e), c’est votre promesse d’une république irréprochable, alors Monsieur le Président, au nom de tous les Français, demandez ce geste à TOUS les élus de la représentation nationale.

Troisième signe fort
Il est peut-être temps de changer de république afin d’éviter tout amalgame et amateurisme, je suggère que le monde politique se professionnalise. Chaque  mission au service du peuple demande des compétences évidentes. Du simple conseiller municipal au plus haut représentant, des milliers de personnes exercent dans des conditions pas toujours optimales pour le bien du pays. Je ne remets pas en cause l’engagement sincère des personnes, mais force est de constater que les dossiers à gérer sont extrêmement complexes, que les arbitrages à faire quant à l’utilisation la plus utile et servant l’intérêt général demandent inévitablement des compétences accrues.

Alors, que la politique devienne affaire de spécialistes formés pour cela. Les indemnités devenant les revenus, les élections devant le peuple étant toujours de rigueur, le non-cumul une règle absolue, et nul ne doit envisager la politique comme une carrière. Faire de la politique pendant cinq ou dix ans peut et doit faire partie du cursus de n’importe quel citoyen à condition qu’il ait suivi une formation adéquate et obligatoire avant de se présenter devant le suffrage des électeurs.
Ces quelques pistes ne sont qu’une toute  petite partie d’une république exemplaire, mais si nous la voulons, alors il faudra bien sortir de l’actuelle qui n’est plus à l’image de sont créateur : le Général de Gaulle.

Jean Alain Cadet


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